Le fonio au Bénin : une spécialité de l’Atacora.

Article : Le fonio au Bénin : une spécialité de l’Atacora.
6 octobre 2016

Le fonio au Bénin : une spécialité de l’Atacora.


Au Bénin, le fonio (Digitaria exilis) est produit dans la région de Natitingou, chef-lieu du département de l’Atacora, situé au nord-ouest du pays. C’est une zone de petites montagnes (la chaîne de l’Atacora culmine à 658 m) au climat soudano-guinéen, avec une saison humide de juin à octobre donnant une pluviométrie moyenne annuelle de 1 000 à 1 300 mm. Cette région, au fort potentiel touristique en raison du patrimoine architectural Somba, a une économie essentiellement agricole.

Champ de fonio
Champ de fonio à Natitingou au Nord Ouest du Bénin.

Elle produit du mil, du sorgho, du niébé, de l’igname, du manioc, de l’arachide et plus récemment du maïs et du coton. Le riz est cultivé dans certains bas-fonds et le fonio est encore présent dans quelques zones de l’Atacora, où il semble néanmoins en régression constante depuis l’introduction de variétés hâtives de maïs.

La pénibilité des tâches de transformation du fonio est l’une des principales raisons de son abandon progressif. Seule la commune de Boukoumbé assure l’essentiel de la production de la région, soit environ 1 500 t pour 2 500 ha cultivés, avec des rendements moyens voisins de 600 kg/ha.

Dans cette zone de piémont, proche de la frontière togolaise, le fonio représente encore plus de 20 % des surfaces cultivées, car il conserve une importance socioculturelle forte pour certains groupes ethniques somba, comme le peuple otammari.

Plaque indiquant la commune de Boukombé, principale région de production du Fonio au Bénin
Commune de Boukombé dans le département de l’Atacora : principal « grenier » du fonio au Bénin

Même si, à l’instar du mil, du sorgho et du riz, le fonio représente, pour eux, une graine à consommation « masculine », on observe une très forte implication des femmes dans les opérations culturales et plus encore dans les opérations post-récolte.
Comme dans la plupart des zones de production, les producteurs du village de Kouya, proche de la frontière togolaise, reconnaissent utiliser trois types de variétés selon la durée de leur cycle de culture : une variété précoce appelée Kouatnanfa ; une variété intermédiaire, Ipordawan ; une variété tardive, Ipo n’kouani ou « fonio lépreux », difficile à décortiquer, mais qui donne un fonio bien blanc. Une autre variété, Ikantoni,; extra-précoce, est moins fréquente. Ces différentes variétés, récoltées à des périodes différentes entre août et septembre, sont toujours stockées séparément. Le fonio, appelé « ipoaga » en langue ditamari, est en grande partie destiné à l’autoconsommation et reste, encore aujourd’hui, considéré comme une céréale de soudure. L’offre est, de ce fait, dispersée et relativement faible sur le marché car il n’y a pas de réels circuits de commercialisation.

Source : Le fonio, une céréale africaine, Jean-François CRUZ, Famoï BEAVOGUI avec la collaboration de Djibril DRAME, Éditions Quæ, CTA, Presses agronomiques de Gembloux, pages 39 et 40.

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