Elections au Bénin : tout ça pour ça !

Les élections communales, municipales et locales étaient attendues depuis 2013. Mais le nouveau système électoral informatisé a perturbé ce rendez-vous.

Attendues depuis 2013, on pouvait penser que les élections communales, municipales et locales béninoises qui se sont tenues cette année serait un véritable succès. Pourtant ce qui s’est passé ne donne pas l’impression d’une élection attendue depuis si longtemps.

Pour rappel, le Bénin s’est engagé sur le chemin, a priori, merveilleux de la décentralisation en 2003. Ainsi, en cette année, les premiers conseillers communaux ou municipaux et les conseillers locaux ont été choisis pour expérimenter le pouvoir à la base. Les conseillers municipaux étant pour les villes à statut particulier (Cotonou, Porto-Novo et Parakou), et les conseillers communaux pour les 74 autres communes du pays. C’est à ces conseillers que revient la responsabilité d’élire le maire pour un mandat de 5 ans. Les conseillers locaux quant à eux sont choisis au niveau des quartiers ou villages, c’est-à-dire ce qu’il convient d’appeler le niveau le plus décentralisé de la gestion des affaires publiques.

L’élection de ces divers conseillers a été donc fait en 2003 pour la première fois avec beaucoup d’enthousiasme. Après 5 ans, en 2008, nous nous sommes retrouvés aux urnes pour renouveler, s’il y avait lieu, les équipes communales ou municipales et de quartier ou village, toujours avec autant d’enthousiasme et avec notre bonne vieille liste électorale manuelle. Tout allait bien jusque-là.

Un nouveau système aux insuffisances criantes

Mais à l’avènement de la Liste Électorale Permanente et Informatisée (LEPI) le mandat de 5 ans est passé subitement à 7 ans. Non pas à cause d’une loi prolongeant le mandat des conseillers, mais à cause des élections qui n’ont pu se tenir depuis 2013. En effet, à l’issue du fiasco électoral de 2011, ponctué par le KO retentissant du chef de l’Etat BONI YAYI, au premier tour des élections présidentielles, il avait été convenu par l’ensemble des acteurs politiques, y compris le président de la République, de porter des corrections au fichier LEPI. Ce qui n’a été fait qu’au début de l’année 2015.

Pour une première, le nouveau fichier a été expérimenté pour les élections législatives du 26 Avril dernier et avait déjà exposé ses insuffisances. Pour ces élections communales municipales et locales, les mêmes erreurs se sont répétées et même amplifiées. Voici quelques-unes des incohérences qui ressortent de ces élections :

  • Entre décembre 2014, date d’arrêt du fichier et juin 2015, 400.000 Béninois qui ont gagné la maturité n’ont pu recevoir leurs cartes d’électeurs pour exprimer leur vote. Pourtant, nombre de candidats ont axé leur campagne sur le thème de la jeunesse.
  • Les élections qui devaient se tenir au mois de mai, ont été repoussées en juin, en pleine saison des pluies. Et évidemment, cette dernière ne s’est pas faite prier pour s’inviter au rendez-vous ce dimanche 29 Juin, bloquant de nombreux électeurs à leurs domiciles. Ironie du sort, les problèmes d’inondation en temps de pluies étaient au menu de la campagne électorale dans les grandes villes comme Cotonou et Abomey-Calavi.
  • Un taux de participation squelettique, voire ridicule. Certains postes de vote ayant même enregistré 60 votants sur 486 inscrit à Abomey-Calavi, environ 12 % de participation.

Tout ceci traduit une sorte de désintéressement, tant de la classe politique, que des populations pour ce genre d’élection car pour un scrutin attendu aussi longtemps, on aurait pu faire bien mieux.

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